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6.3. Les espèces exotiques envahissantes
6.3.1. Les berges de cours d’eau sont fortement colonisées par les espèces exotiques envahissantes

6.3.2. Résultats et discussion

Le nombre d’espèces exotiques envahissantes recensées sur les différents types d’aménagements ne varie que très faiblement. On trouve entre 1,8 et 2,2 espèces exotiques envahissantes présentes en moyenne sur chaque type de berge aménagée. En revanche, il existe une différence significative entre les fréquences des espèces exotiques envahissantes (fig. 9). On constate ainsi que cette fréquence de rencontre est largement supérieure pour les aménagements issus du génie civil (42,5) que pour les aménagements issus du génie végétal (10) ainsi que pour les aménagement en enrochement de pied de berge et haut de berge végétalisé (11,3). La fréquence des espèces exotiques envahissantes sur les berges naturelles est sensiblement plus élevée (21,9). Ces résultats témoignent du fort potentiel invasif (capacité d’une espèce à dominer les communautés végétales du milieu) des plantes exotiques considérées. Ils rendent également compte de l’efficacité des techniques de génie végétal à permettre la colonisation rapide du milieu par les végétaux plantés.
La présence d’espèces végétales exotiques envahissantes est souvent reliée à l’intensité des activités humaines. Les ouvrages étudiés ayant tous nécessité la réalisation de travaux, on peut supposer qu’ils ont tous été soumis à des expositions aux propagules (graines, rhizomes, boutures, etc.) équivalentes, ce qui expliquerait que tous les types d’ouvrages hébergent un nombre moyen de plantes exotiques envahissantes équivalent. En revanche, cette étude montre que les espèces exotiques envahissantes sont plus fréquentes sur les ouvrages issus du génie civil (enrochements) que sur les autres types d’ouvrage. Ce résultat peut s’expliquer par deux mécanismes. Les plantes exotiques envahissantes recensées sont caractérisées par une forte croissance qui leur donne un avantage compétitif dans les milieux pionniers. Les plantes exotiques envahissantes observées sur les ouvrages issus du génie civil (dénué initialement de toute végétation) ont ainsi trouvé un terrain propice pour exprimer leur potentiel invasif. Il est également démontré que l’abondance relative de ces plantes peut être expliquée par les interactions biotiques, notamment par les interactions de compétition. La présence d’espèces compétitrices sur les ouvrages de génie végétal – telles que les espèces du genre Salix dont la dynamique de croissance est forte – limite la vigueur et la propagation des espèces exotiques envahissantes présentes. Dans le cas des berges aménagées par des techniques de génie végétal, il apparaît que la forte densité de boutures de saules limite le développement des espèces exotiques envahissantes.